Bruit et santé

« La pollution sonore n’est pas seulement une nuisance environnementale, c’est aussi un réel enjeu de santé publique ». Zsuzsanna Jakab, Directrice Régionale de l’OMS Europe.

Nombre d’études mondiales et européennes alertent les autorités sur les effets délétères du bruit sur la santé.
La surexposition au bruit des avions :
– crée des troubles du sommeil
– crée des troubles hormonaux
– génère des troubles psychiques
– altère les facultés d’apprentissage des enfants
– augmente les risques d’hypertension
– augmente les risques cardio-vasculaires
– altère la qualité de vie quotidienne et le bien-être des personnes exposées

L’étude HYENA (HYpertension and Exposure to Noise near Airports ) a porté sur 4 861 personnes âgées de 45 à 70 ans ayant vécu au moins cinq ans près d’un des six grands aéroports européens. Les résultats indiquent des risques importants d’hypertension liée à une exposition à long terme aux bruits aériens nocturnes. Si des personnes peuvent déclarer être « habituées » au bruit des avions, leur corps, lui, continue de réagir à chaque agression sonore…

En France, les premiers résultats de l’étude DEBATS ont mis en évidence une relation statistique entre l’exposition au bruit des avions des communes exposées et la mortalité par :
– Maladies de l’appareil circulatoire (+25%)
– Maladies cardiovasculaires (+25%)
– Cardiopathies ischémiques (+30%)
– Infarctus du myocarde (+40%)
Note de synthèse- Etude DEBATS
Publication scientifique- Etude DEBATS

Chez l’enfant exposé au bruit permanent, on a pu remarquer :
une tension artérielle anormalement élevée,
un taux d’erreurs de compréhension en classe quatre fois plus élevé,
un apprentissage de la lecture retardé

Le 6 mai 2004, le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France (CSHPF) a émis un avis relatif à la protection de la santé des personnes exposées au bruit des avions :
« Considérant que le bruit au voisinage des zones aéroportuaires constitue un problème de santé
publique… » et que «… les perturbations du sommeil par le bruit dépendent notamment
du nombre d’événements sonores subis pendant le sommeil… », il préconise notamment :
« – de ne pas dépasser, en façade des habitations, un niveau Lden de 60 dB(A)» ;
« – de respecter pendant la période 22h-6h, en façade des habitations, les critères suivants, correspondant aux recommandations de l’OMS, en prenant en compte un isolement de façade de 25 dB(A) : LAeq ‹ 55 dB(A) et moins de 10 événements sonores, avec un LAmax > 70 dB(A). »

Ce tableau (source Bruitparif) résume l’ensemble des valeurs de référence en matière de bruit:


L’aéroport de Paris-Orly ayant été construit dans un environnement très urbanisé, au plus près des habitations, la gêne sonore subie par les populations survolées dépasse largement ces valeurs de référence mettant ainsi en danger la santé des populations.


La première ville de 20 000 habitants située à 500m du seuil de la piste des avions est exposée à:
un niveau de bruit moyen 16 fois supérieur à la valeur limite réglementaire (arrêté du 4 avril 2006)
une répétition du bruit fort 3 fois supérieure à la valeur de référence de l’ACNUSA (pas plus de 100 avions/ jours avec LAmax >= 65 dB(A))
les 2 tiers des nuits , le nombre de bruits aériens forts dépasse la valeur de référence de l’ACNUSA

 

Autour de l’aéroport de Paris-Orly, le bruit des avions ne baisse plus depuis 2010 et dépasse largement la valeur limite réglementaire de 55 dB.

Lden* (dB)      Villeneuve-le-Roi   Champlan   Villiers   Limeil-Brévannes
2010                  69.5                        65.2               60.2          59
2015                  69.5                        64.7                59.7          61
source: balise de bruit ADP

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